Déficit pluviométrique: le Burkina fait ses comptes

Ce qui n’était jusque-là perçu que comme un risque est désormais une véritable menace. Il suffit de faire un tour à quelques kilomètres en dehors de Ouagadougou, la capitale, pour se rendre compte de la désolation qui s’empare du couvert végétal et des points d’eau au Burkina Faso. Si la tendance se poursuit, il sera bien difficile d’éviter la catastrophe tant redoutée et qui guette les humains et le bétail. En tout cas la situation est inquiétante et tout le monde en parle.

Au niveau du gouvernement, on a désormais rompu avec la langue de bois. Mais n’est-ce pas trop tard pour crier au loup alors que celui-ci est déjà dans la bergerie? L’inévitable déficit céréalier qui plane sur la saison agricole n’est-il pas devenu une fatalité dans ce pays?
On veut croire à l’efficacité des mesures de repositionnement des stocks de sécurité alimentaire annoncées par le gouvernement. Mais force est de constater que cela reste un palliatif momentané et dérisoire. Car, quel soit le «prix social» auquel ces céréales seront cédées aux populations, il s’en trouvera toujours qui n’auront pas les moyens de s’en procurer. Il faut même craindre que ce soit l’écrasante majorité qui se retrouve dans cette grave situation.
Avec les changements climatiques et l’impossibilité de maîtriser la flambée des prix, il vaut mieux prévenir que guérir la menace de déficit alimentaire devenue récurrente ces dernières années. Curieusement, c’est cette politique de prévention qui manque le plus. Aussi longtemps qu’on ne prendra pas de vigoureuses mesures de maîtrise de l’eau et de développement de nouvelles techniques culturales, on aura beau crier famine, les secours risquent d’arriver trop tard. Sinon jamais.
Bark Biiga, Fasozin.com; 13 octobre 2011